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玛莉

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Le mariage, c'est quand l'homme et la femme décident de ne faire plus qu'un. Les problèmes commencent quand ils décident de choisir lequel.
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May, 2008

Anniversaire

Mardi 13 mai 2008

Anniversaire

 

Une année entière.

365 jours.

Quatre saisons complètes.

 

Un an que je suis partie. Que je suis arrivée?

Un an que je suis "ici", "là-bas" pour vous. Subtilité langagière.

Un an que je travaille. Indépendance. Ou presque.

Un an que j'ai pris ma vie à bras le corps.

(Un an que je vous assome avec mes posts :)

 

Ce premier anniversaire me donne une sensation d’appartenance.

Cette ville m’appartient.

A moins que ça ne soit l’inverse ?

 

April, 2008

Politik fiction

Politik fiction

 

Sur le papier, Hong Kong est une Région Administrative Spéciale qui possède un gouvernement, élu au suffrage universel direct.

Sur le papier, Hong Kong possède des médias libres et indépendants, comme le South China Morning Post ; et diffuse de nombreux médias internationaux, comme Bloomberg, la BBC, ou encore TV5Monde, du groupe France Télévision.

Sur le papier, Hong Kong illustre brillamment la devise « Un pays, deux systèmes » chère aux dirigeants occidentaux.

 

Ce matin, TV5Monde ne diffusait pas. La petite chaîne française était remplacée par CCTV France. CCTV, c’est la chaîne publique chinoise, qui existe en de nombreuses déclinaisons.

Ce matin, la BBC ne marchait pas non plus.

 

Et la flamme olympique arrive dans trois jours.

March, 2008

Cluédo et satin rouge

Samedi 29 mars 2008
 
Cluédo et satin rouge
 
Vous connaissez le jeu "Cluédo"? Le principe: déterminer un ensemble de circonstances liées à la mort d'un personnage, ainsi que l'assassin bien entendu de cette victime désignée.
 
Bon, et bien, quand j'étais petite, j'avais ce jeu, mais en version VHS (j'aime bien dire VHS, par pur racisme envers le terme "vidéo", et par amour pour les acronymes à trois lettres, comme DVD, RTM ou PAM, pour lesquels mon lyrisme n'a d'égal que l'antipathie que j'éprouve pour les acronymes à quatre lettres, comme RATP, SNCF ou ANPE).
 
Et entre deux séquences présentant les différents personnages et pièces (dont Mme Leblanc, dans la cuisine, dont on pouvait deviner qu'elle était daltonienne - indice n°1 - au gros plan de la caméra sur ses chaussettes dépareillées), on voyait apparaître Mlle Rose, magnifique insulaire native de Bornéo, habillée de satin rouge.
 
Dans mon esprit de petite fille, Bornéo était donc associée au satin rouge, et au fume-cigarette que ladite Mlle Rose tenait du bout de ses longs doigts aux ongles laqués. Exotique et enivrante île de Malaisie, dont les couleurs chatoyantes en mon esprit concurrençaient les ors de la Chine quatre fois millénaire.
 
Et bien, sachez-le, la couleur de Bornéo n'est pas le rouge. Mais le bleu pur et le vert d'eau. Le chamarré des poissons tigres qui s'agglutinent autour de vos pieds. Le palpitant vert pomme des palmiers de la jungle bornéenne. Le vert de boue des varans qui vaquent, paisibles, dans les marécages. Le blanc piqueté de soleil des plages de sable fin. Les montagnes de chantilly que sont les nuages tropicaux. Déluge d'azur et de lumière derrière mes paupières closes.
 
Par ailleurs, et étrangement, ce qui restera aussi en mon esprit, c'est le noir, le sombre d'une soirée en bateau, sur une rivière malaise, au beau milieu de la jungle. Au milieu du noir de geais de la nuit tropicale, suspendus dans le temps et l'espace, clignotements dorés. Fireflies. Petits points timides et néanmoins bien visibles, dessinant très nettement les frondaisons massives des arbres, des lucioles, par milliers... Touches de lumière, touches de poésie, au coeur du sombre, de l'inconnu.
 
Comme la vie, quoi.
 
March, 2008

La technologie comme carcan moderne

Lundi 17 Mars 2008

La technologie comme carcan moderne

 

On ne peut pas dire que je sois anti-technologie. « Jeune génération », j’ai fait mon mémoire sur les blogues, je sais ce qu’est un fil RSS, j’ai un profil Facebook, je communique avec mes proches via Skype, webcam et msn messenger, je lis les journaux « on line », et je podcaste mes émissions préférées sur mon iPod. Je vis dans une cité de technologie, où les écrans géants de Queen’s Road diffusent les infos ou les derniers clips à la mode (de la Canto-pop généralement).

 

Donc non, je ne suis pas anti-technologie.

Mais quand on m’affuble d’un casque et d’un micro en plus d’être vissée face à mon PC près de 11 heures par jour, là, je dis non.

 

Parce que la technologie est d’ores et déjà un carcan moderne symboliquement parlant.

Quand je défragmente mon ordinateur le soir, ou que je dois finaliser une opération de ce type, la bestiole m’oblige à être physiquement présente pour valider les requêtes successives qu’elle me présente afin d’assurer le succès du processus. Et bien, ça me fait réfléchir.

Quand je me rends compte que mon téléphone portable n’a pas été éteint depuis les trois ans que je le possède (en dehors de quelques coupures liées au manque de batterie), et bien ça me fait réfléchir. Je veux dire, il est TOUT LE TEMPS allumé (ce qui ne justifiera pas vos appels intempestifs sur le coup des trois heures du matin, heure hongkongaise).

Quand je me rends compte que j’ai exactement 322 contacts en tout dans mon msn messenger, et que je connais en effet chacune de ces personnes (même si je n’ai pas parlé à certaines d’entre elles depuis facilement quelques mois), alors que je ne connais pas le nom de mon voisin (à ma décharge, l’ancien a déménagé récemment), et bien ça me fait réfléchir.

Quand je passe exactement 3/4 de mon temps dans un monde virtuel (que ce soit mes 11h par jour devant l’écran de mon pc pour le boulot, ou par la suite le soir sur msn, ou encore dans le téléchargement de vidéos – légalement bien sûr hm hm –), le dernier quart étant consacré à dormir, et bien, ça me fait réfléchir.

Quand je me rends compte que j’ai un animal de compagnie virtuel, à défaut, alors que j’oublie parfois d’arroser ma plante verte, bien réelle (pardon papa, pardon maman), et bien, ça me fait réfléchir.

La vérité s’abat sur moi de manière fracassante. Je suis une geek.

 

Et là, au boulot, on vient de nous installer Skype. Et la technologie devient un carcan moderne non seulement symboliquement parlant, mais aussi physiquement parlant. Je suis désormais reliée à mon outil de torture par trois fils, et ce 11heures par jour. Un pour le casque, un pour le micro, et un pour la souris. Trois de mes sens (la vue, l’ouie et le toucher) sont physiquement accaparés et reliés à mon extension numérique.

 

Et je vous raconte pas la galère quand je veux aller faire pipi, empêtrée dans mes fils.

 

EDIT: pour me faire l'avocat du diable (si, si, j'aime bien), faut aussi dire que la technologie a inventé le wireless. Nan mais.

 

 

March, 2008

Formules d'usage

Jeudi 6 Mars 2008

Formules d’usage

 

Ce qui est étrange, dans cette ville, c’est que les formules d’introduction et de politesse ne sont pas les mêmes qu’en France, entre Français. C’est une constatation liée au fait qu’Hong Kong est une ville de passage. De « turnover ».

 

Prenons le cas d’une conversation civilisée entre deux personnes ne se connaissant pas. La scène se déroule en France. Les dialogues sont évidemment légèrement caricaturaux, histoire que vous compreniez où je veux en venir.

 

- Bonjour, enchanté de faire ta connaissance. 

- Bonjour, ravie également. 

- Tu connais X par l'intermédiaire de... ? 

- De Y. 

- Ah cool. Et tu fais quoi dans la vie? 

- Du machin. Et toi?

- Du truc. 

- Sympa.  

  

Reprenons ces deux mêmes personnes, et plaçons les sur mon île subtropicale.

 

- Bonjour, enchanté de faire ta connaissance. 

- Bonjour, ravie également. 

- Ca fait longtemps que tu es ici?  

 

Alors, c’est ici que le dialogue part dans deux possibilités très divergentes. Si oui, ça fait longtemps, vous apparaissez comme un guide de voyage potentiel, ou à tout le moins, un pote de beuverie, qui connaît les bons coins. Si non, vous perdez très vite de votre intérêt. La question qui suit immédiatement celle-ci est :

 

- Et tu comptes rester longtemps?  

 

Cette question là est une question piège. Si vous ne comptez pas rester, mentez, car sinon il ne faudra pas s’attendre à ce que l’interlocuteur en face essaie d’accorder la moindre once d’attention, de patience, d’intérêt à votre personne. Parce qu’émotionnellement, ici, on ne s’engage qu’avec les gens qui restent. Et je ne parle pas d’amour, ici, je parle tout simplement d’amitié. A quoi bon s’intéresser à quelqu’un qui va vous quitter ?

 

Tout le monde ici a perdu, un, deux, cinq, dix amis.  Le « turnover » est intense. Et émotionnellement épuisant. Claire s’en va, normalement à la fin de l’année scolaire, pour aller enseigner à d’autres étudiants, dans un autre pays.

Et déjà, ça me fait mal au cœur.

 

February, 2008

Xin Nian Kuai Le - Kung Hei Fat Choy

Lundi 18 Février 2008

 

Xin Nian Kuai Le - Kung Hei Fat Choy

 

L'année du rat. Lisse en surface, agitée de remous dans ses profondeurs. Sérénité. Agitation. Célébrations partout, pour fêter la nouvelle année chinoise, débutée le 7 Février dernier, et donnant droit à quatre jours de repos.

 

L'odeur de poudre. C'est quelque chose d'étonnant. Si près du feu d'artifice (que je vous ai filmé), mes yeux sont éblouis, mes sens sollicités. La foule, masse vivante et uniforme, forme comme une houle autour de moi. "Ah", "Oh", onomatopées universelles... Je m'imprègne.  

 

Enveloppes rouges, données le lendemain. Elles contiennent toujours des billets, absolument neufs car fraîchement retirés à la banque, qui augmente toujours ses réserves de cash pour l'occasion. Les plus anciens, ou les couples mariés, donnent aux plus jeunes. Ces équivalents d'étrennes, mais distribuées dans des enveloppes rouges, ou dorées, ont la valeur symbolique de porter chance pendant toute la nouvelle année. J'obtiens quatre enveloppes rouges et une enveloppe dorée, bon quota pour une première nouvelle année.

 

Il est de coutume de "veiller la nouvelle année" le soir du Réveillon, et donc de se coucher le plus tard possible. Quatre jours de repos, un à s'amuser et à veiller l'année, un à marcher, et deux à dormir, voilà mon programme du Nouvel An.

 

Depuis le début de cette nouvelle année du Rat, les jours s'écoulent paisiblement. A moins que des perturbations ne soient en train d'en remuer les bas fonds à mon insu... Je me laisse porter, au gré du vent des amitiés et des voyages, je me laisse vivre. Non, pas de perturbations, je vais bien.

 

 

 

February, 2008

Quand la météo s'en mêle (s'emmêle?)

Vendredi 1er Février 2008

Quand la météo s'en mêle (s'emmêle?)

 

On sait tous que la Chine aime faire les choses en grand.

Ces derniers temps, le Sud et l’Est de la Chine sont en proie aux affres du réchauffement climatique… ou plutôt de son rafraîchissement subit, le pire depuis plus de 50 ans.

En gros, on se les pèle grave.

 

Et, à quelques jours du Nouvel An Chinois (dit nouvel an lunaire, le 7 février, commencement de l’année du Rat), les Chinois n’attendent qu’une chose, rentrer enfin chez eux (ce qu’ils ne font qu’une fois l’an… travaillant dans des provinces souvent très lointaines de leur coin natal). Mais avec la pluie, la neige et le verglas, tout fout l’camp ma bonne dame. Inclus les moyens de transport.

 

190 000 personnes bloquées en attente d’un train à Canton. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que ça représente, 190 000 personnes bloquées dans une gare. 34 000 à l’aéroport (ben oui, ils sont moins nombreux à pouvoir se payer un avion). 34 000 à l’aéroport ! C’est tout simplement démentiel… 100 millions de personnes en transit en tout : 100 millions de personnes bloquées dans les gares et les aéroports, que les autorités vont tenter d’évacuer à coup de 400 000 par jour ! 100 millions…

 

Sans compter les coupures de gaz, d’eau, d’électricité… 14 régions sont en sursis, fonctionnant sur leurs réserves, qui ne devraient pas durer plus de 5 jours… Et du coup, tout le monde flippe.

 

Marie, en direct de son île sur le point d’être assaillie par les migrants. A vous les studios.  

 

December, 2007

Noël

Lundi 24 décembre 2007 

 

Noël

 

Noël en famille. Après mon atterrissage à l'aéroport Marseille-Provence, le froid me saisit. Le visage des gens aussi. Ma normalité s'offre à moi. Visages connus, espaces apprivoisés. Rentrer, c'est comme une synesthésie décrite par Proust. Une petite madeleine trempée dans du thé. Une madeleine qui fait du bien au cœur.

 

La voiture, qui m’amène chez moi. Quelques frayeurs, ici, on conduit « à l’endroit ». La chaleur de la maison, les feux de bois, un chat sur les genoux, un petit ratou dans mon cou. La vie d’expatrié est une vie d’égoïste. Parce que toute l’année, là-bas, la vie est trépidante. Et pendant quelques jours, ici, elle devient un concentré d’amour et de plaisirs. On est en vacances. On voit les gens qu’on aime. On profite du mieux qu’on peut, le plus intensément possible, des saveurs, de la lumière, des habitudes toutes simples qui ont bercé 25 ans de vie, avant de partir.

 

La crèche, les santons si vieux et un peu ébréchés, mais toujours vaillants. Les bougies, les guirlandes. La nuit qui tombe tôt, mais qui ne donne pas la même impression que ces crépuscules d’octobre où le fait de voir le soleil se coucher vers cinq heures fait un peu mal au cœur. Non, là, la nuit qui se couche tôt est une promesse.

 

Une promesse de moments précieux, avec des gens précieux.

Je vous souhaite, de tout mon cœur, un très joyeux Noël.

 

Avec amour,

 

Marie       

 

November, 2007

Je reste

 Vendredi 16 Novembre 2007

Je reste

 

Je reste.

 

Etrange, parfois, le cours que prend la vie.

J’avais un avion, pour la France, le 23 novembre. Et je ne me voyais pas boucler mes bagages, refermer la porte de mon appartement, et dire adieu à Hong Kong. Je ne me projetais pas.

La projection de soi dans l’avenir. Concept très occidentalisé apparemment.

 

Bigboss m’a proposé de rester. Ce que je vais faire donc. Et cet avion, je ne le prendrai donc pas. Du moins, pas à cette date, et pas avec ma vie résumée en 20kg.

 

Je ne peux pas dire adieu à une ville comme celle-là. Pas pour le moment. Elle est trop envoûtante, et j’aime trop le travail que j’y fais pour y renoncer maintenant.

Sacrifices. Concessions. Je ne pensais pas que cela nous demanderait tant.

 

Mais les lumières de la nuit hongkongaise et l’aube qui se lève sur la baie me font l’effet d’un baume sur ce cœur très malmené.

 

 

Toutefois, vous devrez me supporter à Noël. Parce que faut pas déconner quand même.

 

 

October, 2007

Petite recette à la Marie

Mardi 23 Octobre 2007

 

Petite recette à la Marie

 

Prenez ¼ de maturité, pressez avec soin

Ajoutez 25cl de douce folie, remuez bien

Rajoutez quelques grains d’aventure,

Un brin de nostalgie,

Laquez la bête à l’huile d’olive

Passez au four, 25(0)°

 

Voilà.

Depuis une semaine tout pile, j’ai 25 ans. Un quart de siècle.

J’avais toujours pensé fêter cette date symbolique avec mes proches, famille et amis de longue date. Mais la vie est pleine de surprises, chacun le sait et l’expérimente au jour le jour.

Et ce mardi 16 octobre, c’est à 10 000km des miens, entourée de gens venus de 5 pays différents, que j’ai fêté mon anniversaire. Non pas qu’ils vous aient remplacés, loin de là. Simplement, j’ai eu l’impression, ce soir là, que j’avais ma place ici. Qu’ici aussi était ma maison.

 

J’ai eu l’impression que le monde m’appartenait.  

En fait, le monde est mien.

 

October, 2007

Déménagement

Mercredi 10 octobre 2007

 

Déménagement

 

Cartons, sueur et poussière. Voilà le programme de ma dernière semaine. Non, je n’ai pas changé d’appartement. C’est la boite qui a bougé. Et nous a mis à contribution.

Direction Guandong Finance Building, à deux pâtés de maison. Enfin, pâtés de maison, c’est une manière de parler ici. Deux blocs de buildings disons.

 

Contrainte d’espace oblige, les locaux sont sur deux étages. Un au 20e pour l’administratif et les finances, et un au 28e pour la création, la communication et le design. En numérologie chinoise, le 28 est d’ailleurs un chiffre très envié. Le 2 signifie la facilité, et le 8 symbolise la richesse. Autant dire qu’être au 28ème signifie que la (bonne) fortune vous guette. Etre à l’étage de la « facilité à être riche », ça provoque en effet des jalousies (surtout au 20ème d’ailleurs, notre comptable arguant du fait qu’il aurait été soit disant plus logique que ce soit la finance qui prenne possession du 28ème… ah, cuisine interne !).  

 

Personnellement, j’ai hérité de ce que je considère (à juste titre ceci dit), comme le plus beau bureau, celui ayant la vue la plus hallucinante. Au départ réservé à Bigboss, j’en ai eu le bénéfice parce que c’est aussi la pièce ayant le fengshui le plus pourri de tout l’étage. Un angle mal foutu, avec la route 28 étages plus bas, qui vous fonce dessus. Pas bon, pas bon.

 

Du coup, avec Matthieu, mon collègue de bureau, nous avons installé une pancarte à l’entrée, proclamant : « Ce bureau est celui possédant le pire fengshui de l’office. Entrez à vos risques et périls ». Comme ça, on est tranquilles.

 

Mais moi je m’en fous pour le coup. Parce que sur quatre murs, deux sont des baies vitrées immenses donnant d’un coté sur le centre ville (et la tour de l’IFC pour les amateurs éclairés), et de l’autre sur Kowloon et le continent.

En biais, Victoria Harbour en enfilade et les districts de Hong Kong island: Sheung Wan, Central, Admiralty, Wanchai, Causeway Bay, North Point. Spectaculaire, et splendide.

 

J’ai donc droit aux vols de rapaces et de cacatoès (juré !) au ras de mes fenêtres. J’ai droit au lever de soleil, et aux rayons qui chatouillent mes jambes. J’ai droit aux sillages blancs des bateaux qui sans cesse entrent et sortent de la baie. J’ai droit aux couleurs de la mer de Chine, changeante et miroitante. J’ai droit à l’éveil de la nuit sur la ville, et aux scintillements doux des buildings.

 

J’ai le droit de rêver.

 

September, 2007

Fête de la lune, fête de la mi-automne

Vendredi 28 septembre

Fête de la lune, fête de la mi-automne

 

« En automne, le ciel est clair et la lune brillante » (dicton chinois).

 

Des lampions partout, des bougies, des lanternes, de la lumière qui tombe du ciel, en cascades dorées et rouges. La fête de la mi-automne, c’est une fête qui se déroule toujours une nuit de pleine lune, quand elle est la plus ronde et la plus lumineuse de l’année. Un ancien culte agricole, pour célébrer l’anniversaire du Dieu du Sol.

 

Une fête dans laquelle la lumière lunaire est célébrée et adulée dans un grand pique nique nocturne, où chacun consomme des gâteaux de lune (une espèce de pâte sucrée avec un jaune d’œuf de cane dur et salé à l’intérieur), assis par terre, dans le parc.

 

La fête de la lune est la deuxième période de congés pour les Chinois, après le Nouvel An. Le lendemain de la fête de la lune est donc toujours un jour férié. Pour mettre à profit ce mercredi de repos, nous avons donc, mes parents et moi (puisqu’ils sont venus me rejoindre pour deux semaines), pratiqué l’une des activités favorites des Hongkongais : la jonque.

 

Ce qu’on appelle « se faire une jonque », c’est en fait la location d’un bateau (pas forcément une vraie jonque d’ailleurs) à plusieurs, à la journée, pour aller se perdre dans l’une des multiples criques qu’abritent les quelques 250 îles qui composent Hong Kong. Une jonque pour le coup composée d’Italiens, d’Espagnols, d’une Mexicaine, d’une Hongkongaise, d’Australiens et de Français, donc. Bains dans la mer de Chine (et bonne douche derrière hein), et bronzage écrevisse en ce qui me concerne.

 

J’aime ce pays.

 

Un canard bronzé / braisé

 

September, 2007

Petite entrée didactique

Mercredi 12 septembre

 

Petite entrée didactique

 

Emerveillement : n.m, action de s’émerveiller. Ressentir de l’étonnement, inspirer de l’admiration.

 

Depuis que je suis ici, je cultive ma propension à m’émerveiller. Ma disposition à m’étonner. Mon inclination à admirer. Je m’efforce de continuer à remarquer les petites choses de la vie quotidienne. Les lève-tôts et leur taiqichuan matinal, sur les berges du port, l’odeur du sel, le ciel qui se reflète sur les gratte-ciels de verre.

J’essaie de saisir comme un daguerréotype sur mes pupilles les instants de ma vie ici. Les imprimer en moi. Les ancrer dans ma mémoire.

 

Quand l’habitude vient à s’immiscer dans notre vie, toutes les petites choses qui font le merveilleux du quotidien s’estompent. On ne se rend plus compte, on ne regarde plus. La plupart du temps, on connaît mieux les villes qu’on visite que les villes qu’on habite. Tout simplement parce qu’on se dit qu’on a le temps, qu’on la fera demain, cette visite qu’on a prévue depuis trois ans déjà. Ou le week-end prochain. Ou pour les prochaines vacances.

 

Et on se rend compte qu’on n’a jamais mis les pieds dans un endroit que le premier touriste allemand venu a déjà mitraillé de photos. Je dis allemand, mais je pourrais dire japonais. Ou même français tiens.

 

L’émerveillement est un don précieux. Qui se perd vite, s’il n’est pas cultivé. Alors ouvrez vos yeux, et respirez l’odeur de l’air. Même s’il est pollué. Probablement que vous n’auriez jamais remarqué cette odeur de baguette chaude qui y flotte sans ça.

 

Le canard aux cinq parfums  

 

August, 2007

Considérations philosophiques

Lundi 27 Août 2007 

 

Considérations philosophiques

 

Ici, on ne change pas d’heure.

C’est étrange, d’ailleurs, vu de l’étranger, cette manie de changer d’heure deux fois par an.

Pour des économies d’énergies soi-disant, alors que ce qu’on gagne le soir, on le perd le matin.

Enfin, plus ou moins. C’est l’argument du coin.

 

Ici, vers 19h00, la nuit commence à s’éveiller. Les reflets du soleil bercent les bateaux blancs. La mer lorsqu’elle est calme, devient d’un bleu d’encre, puis d’un noir de geais. Je rentre de plus en plus tard. Personne pour m’attendre, le soir.

 

Et dans les lumières de la ville, je marche, je pense. Etre ici, c’est bien. C’est fantastique, étourdissant, enthousiasmant. Vous me manquez, pourtant. 

 

Je compare ma vie à celle d’il y a un an, tout juste. Un mémoire, la fac, ma ville, mes amis, mes habitudes et mon appartement. Tout change si vite. Si fort, si soudainement.

 

Je ne regrette pas, je ne dirai pas ça, en aucun cas.  

Mais profitez de chaque instant. Chaque petit moment à deux. Chaque sourire de vos proches, chaque fou rire de vos amis. C’est tellement précieux, vu d’ici.

 

Un canard confu(s)…céen.